La légende du cerf


Dieu, après avoir fait tous les animaux et les créatures, a ordonné à chacun son mode de vie et l’endroit d’où prendre leur gagne-pain. Il a ordonné que les poissons vivent dans l'eau, les oiseaux volent dans l'air, les serpents et les autres bêtes sous la terre, les ours, les loups, les cerfs et les biches - dans les bois et ainsi Il a donné à chacun le lieu où vivre et le mode de vie.

De tous les animaux qui vivent dans la forêt, le cerf, plus fier et confiant en lui, a demandé d'être le chef des forêts et des montagnes. Dieu accepta d’accomplir le désir du cerf, mais il lui a mis une seule condition, à savoir:

- Il vous sera en mesure d'être entendu par les autres bêtes?

Le cerf, orgueilleux, a promis que oui, il se sent capable de se faire entendre et aimé de son peuple. Dieu, voyant cela, a donné au cerf la bénédiction et l'a envoyé accomplir ses obligations. Le cerf, plein de reconnaissance, remercia Dieu, et lui demanda encore une chose avant de partir, avec un peu de timidité, il est vrai, mais il lui demanda:

- Oh, mon Dieu, pour être connu par mes sujets, donnez-moi un signe pour être différent de tout le monde et pour être vu de loin ...!

- Puis- je teindre votre fourrure en rouge?...proposa Dieu au cerf?

- Non, Seigneur, je voudrais quelque chose de mieux.

- Alors si je vous fais blanc tacheté de noir.

- Bon prince, pardonnez-moi, mais comme je vous le dis, je ne suis pas trop d'accord.

- Vous, qu'est-ce que vous voulez! A dit Dieu a un peu contrarié, en voyant que le cerf est mécontent.

- Mon Dieu, je crois que j'aurais l'air bien avec une grande couronne sur sa tête, comme il sied bien à un capitaine des forêts de montagne.

- Bon, le cerf, que ce soit comme vous le voulez. Parce que je ne vous ai pas donné pas de cornes, comme je l'ai donné aux bœufs et à d’autres de mes créatures, je vous bénis de porter sur la tête deux branches vertes, belles et touffues, des branches de chêne qui seront comme deux pompons. Et, ce disant, Il enfonça dans la tête du cerf deux branches vertes de chêne.

Le cerf remercia Dieu pour la parure qu'Il lui a donnée et pour l’honneur qu’Il lui a faite et s’en alla regner sur les bois. Au moment où il fit ses adieux au Créateur du monde, celui-là lui rappella de ne pas oublier sa promesse.

Et, le cerf s’en allant faire son devoir, redit encore une fois la promesse qu’il a faite à Dieu, de savoir être à la hauteur de la mission qui lui a été confiée. Dieu, qui savait tout ce qui allait se passer, regardait méfiant le cerf imposant qui courait vers le royaume mystérieux des forêts.

Comme il atteignait la lisière de la forêt, le cerf poussa un grand cri, pour ramasser les animaux qui devaient, désormais, obéir au nouveau prince des sapins. Biches, chèvres, blaireaux, renards, ont même commencé à se réunir pour écouter les commandements de celui que Dieu avait voulu d’être, dès maintenant, leur maître.

Mais un loup affamé ne voulait pas observer ce que le cerf leur disait et courut vers une bergerie à proximité, dans le but d'obtenir quelque chose à manger. Le cerf, bien sûr, chercha à imposer l'obéissance au loup, mais le loup le méprisant, lui montra ses crocs, effrayant de peur celui qui avait demandé à Dieu d'être le plus grand des forêts. Et si le cerf ne s’était pas enfui, on ne sait pas ce qui aurait pu arriver. Alors, le cerf effrayé, révolté et plein de colère contre le loup audacieux, se rua vers Dieu, se plaindre contre le loup.

En le voyant, le Tout-Puissant lui dit:

- C'est donc comme ça qu’on avait discuté, orgueilleux? Eh bien vous n'êtes pas celui qui se croyait capable de se faire respecté et écouté par toutes les bêtes de la forêt? ...

Le cerf, honteux, ne put rien répondre. Il avait compris que Dieu lui avait accompli la volonté juste pour le convaincre de son impuissance. Maintenant il se rendit compte de la vérité du proverbe qui dit que «les comptes de la maison ne correspondent pas à ceux du marché". Il vit alors qu’il avait été trop téméraire et trop confiant en ses pouvoirs, ce qui n'était pas comme il l'imaginait. C’est pourquoi il baissa la tête, embarrassé, devant l’Omniscient et il se tut. Dieu voulu punir le cerf, pour avoir osé demander ce qu’il ne méritait pas, mais le laissa tranquille en lui disant:

- Restez vaniteux comme je vous connais et peureux, comme je vous croyais! Que les branches vertes et belles que Je vous ai collées sur la tête comme une couronne, séchent, ne laissant que leur bois comme un signe que vous avez perdu le rang de chef de la forêt .....

L'histoire dit que depuis lors le cerf est resté vaniteux, mais malheureusement, très peureux, et que les branches de chêne séchées sont restées jusqu'à aujourd'hui sur sa tête, en guise de cornes.

Legende populare româneşti, ed. Litera Internaţional, Bucureşti, p. 100.

Călin Roxana, la VIIIème C