La légende du tournesol


Le Prince Étienne avait une fille muette mais belle, sans égale sur sa terre. Le Prince ne pouvait pas manger ni se reposer à cause de sa tristesse. Il a demandé au monde, a consulté les guérisseurs savants mais il n’a pas trouvé de guérison pour la muette.

Enfin, comme ça, vers un crépuscule d'été, vient une mémère si vieille que son nez chatouillait sa poitrine et lui conseille de faire venir le Soleil à sa table et lui faire l'honneur comme aux grandes personnes. Après le souper, quand tous allaient être de bonne humeur, d’envoyer la fille pour mendier un baiser au Prince du jour, car tout de suite sa chérie allait retrouver la voix.

Le Prince, plein de joie, se prépara pour un grand festin.

Mais, sur la tête du Prince pesait un mauvais sort. Et voilà qu’on apprend les pensées du Prince et la mauvaise fée s’en va vite, pour embrouiller les choses, vers le froid sombre d’où se lève la Lune et trouve la Dame de la nuit pleurant à cause de l’infidélité du Soleil. Elle se lamente qu’elle possède un mari qui ne la comprend pas, qui s'enfuit et la laisse courir affolée derrière lui et dit plaintive:

- Mieux il était d’être mortelle, j'aurais eu toujours un mari, et non pas être une fée aux cheveux de lumière et l’âme sombre et humide comme une grotte inconnue.

Le Mauvais-Sort retrouve l'espoir et, avec des tours ingénieux dans ses paroles, dit à la Lune:

- Jusqu'à présent, vous avez eu un mari, à partir de maintenant il vous quitte car il épouse la fille d'Etienne, le seigneur de la terre. Voici, ce mariage sera ce soir même.

La Dame des nuits se sent enrager. Des feux éclairent l'argent de son visage, et tonnant de rage, elle jure sur son éclat de détruire la progéniture de l’audacieux Prince.

La nuit des noces, la Lune cachée par les sourcils des forêts voisines, attend d'apercevoir son ennemie, pour l’écraser.

Le Soleil, un prince charmant aux cheveux blonds, faisait la fête avec le Prince et toute la cour. Quand, enfin, la fille du Prince entra dans la salle, parée comme un printemps chaud. Elle se mit aux genoux aux pieds du Soleil et lui demanda un baiser pour son salut. La Lune, en colère, se leva comme une folle au-dessus des bois noirs, et, en se jetant dans une bande de lumière tremblante, entra par la fenêtre du palais. Elle tomba sur le visage de la fille comme une pluie d’invectives et transforma son visage dans une dans fleur jaune.

Tous ont été terrifiés de l’injuste rage de la Lune. Le vieux Prince, le visage douloureux d'humiliation, commença à dire à la maîtresse égarée de l’obscurité, toute la braise de son âme en larmes. Méfiante et incrédule la Lune restait froide et pleine de foudre. Les invités pleuraient la triste histoire de la progéniture sans fortune.

Le Soleil, agité, surprend son épouse dans l’abondance de ses rayons et la jette loin, par la fenêtre, dans les vagues des nuages. Ensuite, il prend dans ses mains la fille en fleur du terrible maître de la terre et la plante dans un jardin parmi les autres ornements, pour l’avoir près pour s’en réconforter.

Depuis lors, le "tournesol", avec son visage pâle et marqué de douleur, tourne éternellement son visage attristé vers le Prince du jour, mendiant son baiser salutaire.

Ciubotaru Maria, la VIIIème C